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Comprendre la Sécurité sociale pour les expatriés français : comment la convention franco-américaine

Comprendre la Sécurité sociale pour les expatriés français : comment la convention franco-américaine

August 05, 2026

Pour les professionnels français menant une carrière internationale, la question desdroits à la retraite à l’étrangerest souvent l’un des sujets les plus complexes et les plus méconnus de la planification financière. Que vous ayez travaillé quelques années aux États-Unis ou passé la majeure partie de votre carrière là-bas après avoir débuté en France, comprendrel’articulation entre les deux systèmes de sécurité socialeest essentiel pour protéger vos droits futurs.

Heureusement, laConvention de sécurité sociale entre la France et les États-Unis(France–U.S. Social Security Agreement) établit des règles claires pouréviter la double cotisationetadditionner vos périodes de travaildans les deux pays. Elle garantit que votre parcours transatlantique se traduise par unepleine reconnaissance de vos droits à la retraite.

🇫🇷Le système français : un modèle fondé sur la solidarité

Le système français de retraite repose sur leprincipe de la répartition, c’est-à-dire que les actifs d’aujourd’hui financent les pensions des retraités actuels via descotisations obligatoires.

Chaque salarié en France contribue à deux niveaux complémentaires :

  • Uneretraite de basegérée par l’Assurance Retraite (CNAV, Carsat, etc.) ;
  • Uneretraite complémentaire obligatoiregérée par l’Agirc-Arrco pour les salariés du secteur privé.

Le montant de la pension dépend dunombre de trimestres validéset durevenu annuel moyenperçu au cours de la carrière. L’objectif est de remplacer environ50 à 70 %du revenu d’activité selon la durée de cotisation et le niveau de salaire. Les pensions sont cependantplafonnées, car les cotisations sont calculées dans la limite duPlafond de la Sécurité sociale.

Ce système offre une sécurité collective solide, mais il laisse peu de place à la gestion individuelle ou à la flexibilité d’investissement.

🇺🇸Le système américain : une approche individuelle et portable

Le système américain, bien qu’il repose également sur la répartition, fonctionne selon une logique très différente. Les employeurs et les salariés cotisent chacun6,2 % du salaire(jusqu’à un plafond annuel) pour financer les prestations deSocial Security. Ces cotisations permettent d’accumuler descrédits(quarters), et il faut40 trimestres, soit environ10 ans de travail, pour ouvrir des droits à la retraite. Le régime couvre également lesprestations d’invalidité et de réversion. Le montant des droits dépend durevenu moyen sur l’ensemble de la carrièreet del’âge de départ, la retraite à taux plein étant accessible dès67 ans.

Contrairement à la France, il n’existepas de régime complémentaire obligatoire. La plupart des Américains complètent donc leurs revenus futurs par des dispositifs d’épargne retraite privée, comme lesplans 401(k)ou lesIRA.

Quels montants peut-on percevoir ? Comprendre les plafonds de la Sécurité sociale

Même si les deux systèmes poursuivent le même objectif, garantir un revenu à la retraite, leurs montants et méthodes de calcul diffèrent sensiblement.

  • Aux États-Unis, d'après la Social Security Administration, la pension maximale deSocial Securityen 2025 s’élève à environ4 873 $ par mois(soit près de58 000 $ par an) pour un salarié ayant eu une carrière longue et de hauts revenus (assiette maximale de cotisations pour 2025 est de 176,100 $) et prenant sa retraite à67 ans.
  • En France, la pension de base (CNAV) est plafonnée à environ1 950 € par moisen 2025 pour une carrière complète ayant atteint lePlafond de la Sécurité sociale(46 368 € de revenu annuel). À cela s’ajoute la retraite complémentaire de l’Agirc-Arrco, qui peut significativement augmenter le total perçu. Un cadre supérieur ou un professionnel ayant cotisé toute sa carrière peut ainsi atteindreentre 2 500 € et 4 500 € par mois, selon ses points acquis et la durée de sa carrière.

En résumé,ces régimes constituent une base de revenus, mais rarement un remplacement intégral du salaire d’activité. Les Américains dépendent davantage de leur épargne privée (401(k), IRA), tandis que les Français s’appuient principalement sur les régimes publics et complémentaires. Pour les expatriés,combiner intelligemment ces deux sourcespermet de bâtir une stratégie de retraite solide et diversifiée.

La convention franco-américaine : deux systèmes, une seule carrière

Entrée en vigueur en 1988, laConvention bilatérale de sécurité socialerelie les deux systèmes et poursuit deux objectifs principaux :

  1. Éviter la double cotisationLorsqu’un salarié est temporairement envoyé à l’étranger (un « détaché »), il reste affilié à son régime d’origine pendant une durée maximale de5 ans, tout en étantexonéré de cotisationsdans le pays d’accueil. Par exemple, un salarié français en mission aux États-Unis continue de cotiser en France sans payer de cotisations à laSocial Securityaméricaine et inversement.
  2. Additionner les périodes de travail (totalisation)La convention permet decumuler les périodes validéesdans les deux pays pour ouvrir des droits à la retraite. C’est essentiel pour les carrières mixtes : une personne ayant travaillé8 ans en France et 5 ans aux États-Unispeut ainsi totaliser13 ans de couverture. Chaque pays verse alors une pensionau proratadu temps travaillé sous son régime.

Concrètement, cela garantit que vous ne perdezaucune année de cotisation, même si votre carrière s’est déroulée de part et d’autre de l’Atlantique.

Comment les droits sont calculés

Le processus se déroule en trois étapes :

  • Chaque pays vérifie d’abord si vous remplissez seul les conditions d’ouverture de droits.
  • Si ce n’est pas le cas (par exemple, moins de 40 trimestres aux États-Unis ou une carrière incomplète en France), les deux systèmesadditionnent les périodespour établir votre éligibilité.
  • Une fois les conditions remplies,chaque pays verse sa partde pension, calculée selon vos revenus et votre durée de travail sur son territoire.

Exemple : une personne ayant travaillé 10 ans en France et 20 ans aux États-Unis aura 30 années reconnues au total. La France versera environ un tiers de la retraite totale, et les États-Unis les deux autres tiers.

Les deux systèmes restent financièrement indépendants maisparfaitement coordonnéspour garantir l’équité et la continuité des droits.

Prendre sa retraite en France ou aux États-Unis

Votre pays de résidence à la retraite a des conséquences surle versement et la fiscalitéde vos pensions :

  • Si vous partez à la retraite en France :Vous pouvez percevoir à la fois vos pensions françaises et américaines tout en vivant en France. Les pensions américaines peuvent être versées à l’étranger, et leur imposition dépend de la résidence fiscale et de la convention fiscale bilatérale.
  • Si vous partez à la retraite aux États-Unis :Vous pouvez recevoir vos pensions françaises directement sur un compte en dollars. En vertu du traité fiscal, les pensions françaises demeurentimposables uniquement en France, mais elles doivent êtredéclarées à titre informatifauprès de l’administration américaine.

Dans les deux cas, il est crucial deconserver vos relevés officiels de carrière(relevé de carrièrepour la France,Social Security Statementpour les États-Unis) afin d’éviter toute omission d’années de travail.

Deux philosophies, un même objectif

Malgré des philosophies opposées, les deux systèmes visent le même but : assurer un revenu stable à la retraite.

  • LaFranceprivilégie un modèlecollectif et solidaire, avec des règles uniformes et obligatoires.
  • LesÉtats-Unisreposent sur un modèleindividuel et contributif, valorisant la participation personnelle et l’épargne privée. Les deux approches convergent désormais vers un âge de départ à67 ans, mais leurs méthodes de calcul et leurs taux de remplacement diffèrent largement. Enfin, lafiscalitévarie également : les pensions françaises sont imposables en France, tandis que les prestations américaines deSocial Securitypeuvent être soumises à l’impôt fédéral (et parfois à l’impôt d’État), selon votre lieu de résidence.

Conseils stratégiques pour les expatriés français

  1. Informez les deux régimesde vos périodes d’activité et de tout changement de statut.
  2. Demandez régulièrement vos relevés de carrièrefrançais et américain pour vérifier vos trimestres validés.
  3. Évitez les doubles cotisationsen clarifiant votre statut de détaché avant une mission à l’étranger.
  4. Planifiez votre lieu de retraiteà l’avance, car il influence la fiscalité, la couverture santé et la devise de paiement.
  5. Faites-vous accompagner par un expert franco-américainen gestion de patrimoine international pour coordonner retraite, fiscalité et succession.

Laconvention de sécurité sociale franco-américainecontribue à garantir qu’une carrière internationale ne rime pas avec perte de droits à la retraite. Malgré leurs différences structurelles,solidarité en France, individualisme aux États-Unis, les deux systèmes sont liés par un cadre clair et équitable qui protège les travailleurs aux parcours transatlantiques.

En comprenant ces règles, en suivant vos relevés et en planifiant tôt, vous pouvez transformer une carrière internationale envéritable atout financier pour votre retraite, plutôt qu’en source de complexité.

Les futures communications écrites pourront être uniquement en anglais. La Social Security Administration n’a ni approuvé, ni soutenu, ni autorisé ce document. Veuillez contacter la Social Security Administration pour obtenir tous les détails concernant les conditions d’admissibilité aux prestations. Guardian, ses filiales, ses agents et ses employés ne fournissent pas de conseils fiscaux, juridiques ou comptables. Veuillez consulter votre conseiller fiscal, juridique ou comptable concernant votre situation personnelle. Les lois fiscales sont toujours sujettes à modification. . 8649293.1 Exp 12/27