Pendant longtemps, la diversification reposait sur unelogiquerelativementsimple :répartir son patrimoine entre actions, obligations et immobilier.
Ce modèle a longtempsfonctionné dans un environnementmarquépar :
des taux bas,
une inflation maîtrisée,
une forte intervention des banquescentrales,
et des corrélationsrelativement stables entre les classes d’actifs.
Mais le contexte a profondémentchangé.
Inflation persistante, tensions géopolitiques, volatilité des taux et fragmentation économique mondialeontmodifié le comportement des marchés. Dans cetenvironnement, les mécanismestraditionnels de diversification montrentparfoisleurslimites.
Diversifier resteessentiel. Mais la manière de diversifier doit évoluer.
1. Les corrélations entre actifsontchangé
La diversification traditionnellereposaiten grande partie sur unelogiquesimple :lorsque les marchés actions traversaientunepériode de baisse, les obligations avaient tendance à mieuxrésister et à amortirunepartie de la volatilité du portefeuille.
Or,certainespériodesrécentesontmontréquecesactifspouvaientdésormaisbaissersimultanément, notamment dans des environnementsinflationnistesou de remontéerapide des taux.
Le portefeuilletraditionnel “60/40” aainsiétéfortement mis sous pression en 2022. Vanguard soulignequececontexte ne signifie pas nécessairement la fin de cemodèle, maisplutôt la nécessité de l’adapter à un environnement économique différent.
Source :https://investor.vanguard.com/investor-resources-education/news/higher-inflation-not-the-end-of-the-60-40-portfolio
Cela ne signifiepasque la diversification ne fonctionne plus. Cela signifiequ’elle ne peut plus reposeruniquement sur deux classes d’actifstraditionnelles.
2. Diversifier ne consiste pas seulement à multiplier les lignes
Beaucoup d’investisseurspensentêtrediversifiésparcequ’ilsdétiennentplusieurs fonds ouplusieurs actions.
En réalité, une grande partie des portefeuillesrestentfortementexposés :
aux mêmessecteurs,
aux mêmesmoteurséconomiques,
ou aux mêmesrisques de marché.
Détenirplusieursactifsfortementcorrélés ne constitue pas unevéritable diversification.
Une allocation robuste doit diversifier :
les classes d’actifs,
les zones géographiques,
les moteurs de rendement,
les devises,
et les horizons de liquidité.
3. Les actifsalternatifsprennentune place plus importante
Dans cetenvironnement, les actifsalternatifsoccupentprogressivementune place plus stratégique dans certaines allocations patrimoniales.
Cela peutinclure :
private equity,
private credit,
infrastructures,
stratégiesdécorrélées,
immobilierspécialisé,
produitsstructurés,
assurance vie permanente américaine,
contracts d’annuité,
commodités.
L’objectifn’est pas de remplacer les marchéstraditionnels, maisd’ajouter des sources de rendementmoinsdépendantes des cycles boursiersclassiques.
BlackRock souligne dans son analyse des marchésprivésque les investisseursinstitutionnelscontinuentd’augmenterleur exposition aux actifsalternatifs dans unelogique de diversification et de recherche de rendement à long terme.
Source :https://www.blackrock.com/institutions/en-us/insights/thought-leadership/private-markets-outlook
Cesstratégiesnécessitenttoutefoisuneanalyserigoureuse :
liquidité,
horizon d’investissement,
valorisation,
et niveau de risque.
4. La diversification géographiquedevientessentielle
Les cycles économiquesdeviennent de plus en plus divergents entre régions :
politiques monétairesdifférentes,
croissancehétérogène,
risquesgéopolitiques,
évolutionsréglementaires.
Une allocation fortementconcentrée sur un seul pays ouuneseule devise peutcréerunevulnérabilitéimportante.
Pour les investisseurs franco-américains, cetteréflexion est particulièrementimportante :
patrimoineen dollars,
dépenses futures potentiellementen euros,
mobilitéinternationale,
fiscalitétransfrontalière.
La diversification géographique ne sertdonc pas uniquement à rechercher de la performance. Elle permetaussi de réduirecertainsrisquesstructurels.
5. La liquiditéredevient un sujet central
Pendant plusieursannées, l’environnement de taux bas a poussé les investisseurs vers des actifs de plus en plus illiquides.
Dans un contexte plus volatile, la liquiditéretrouveunevaleurstratégique.
Un portefeuilleéquilibré doit pouvoir :
absorber des imprévus,
financer des projets,
saisir des opportunités,
ourésister à unepériode de stress de marché.
La recherche de rendement ne doit donc pas conduire à immobiliserl’ensemble du patrimoine.
6. Une architecture patrimoniale doit être pensée comme un système global
La diversification moderne ne consiste plus simplement à répartir un portefeuille entre plusieurs supports.
Elle consiste à construireune architecture patrimoniale capable de résister à différentsscénarios :
inflation,
ralentissement économique,
crise géopolitique,
volatilité des taux,
fluctuations de devises.
Cela implique de réfléchirsimultanément :
au rendement,
au risque,
à la liquidité,
à la fiscalité,
et à l’horizon de détention.
L’objectifn’est pas d’éliminer le risque.
L’objectif est d’éviterqu’un seul facteurpuissefragiliserl’ensemble du patrimoine.
Conclusion
La diversification restel’un des principes fondamentaux de l’investissement. Mais les modèlestraditionnels ne suffisent plus toujours dans l’environnementactuel.
Les investisseursdoiventdésormaisraisonner de manière plus globale :
diversification des actifs,
des stratégies,
des devises,
des horizons de liquidité,
et des moteurs de performance.
Construire un patrimoinerésilient ne consiste pas à rechercher la solution parfaite.
Cela consiste à créer un équilibre capable de traverser les différents cycles économiques.
Alexandre Quantin
Partner – USA France Financials™
Director – Investments & Wealth Management Advisor
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